Tout le monde n’a pas eu le luxe de commencer en Open Source

C’est le cas de Sun. Depuis des années, Sun n’est pas en
reste (nfs, OpenOffice, OpenSolaris, OpenSPARC, NetBeans,
GlassFish, …). Aujourd’hui c’est le tour de Java qui est
désormais disponible
sous licence GPL
(v2). Pour limiter les effets
viraux de la GPL, la clause Classpath
Exception
(créée il y a plusieurs
années) est utilisée.

L’objectif de Sun est double: ouvrir de nouveaux
marchés
pour Java (GNU Linux en est un
évident)
tout en préservant la compatibilité de
Java
. Le choix de la licence GPL répond
à ces
deux objectifs. Il devient maintenant possible d’intégrer
Java dans les distributions Linux, y compris dans Fedora (comme le laisse
entendre
Anthony Green de RedHat), Debian et les autres
distrib “communautaires” et s’il devait y avoir fork incompatible,
celui-ci devrait être fait en public ce qui en minimise probablement les
chances. Ce n’est pas la première fois que Sun utilise la
GPL (cf. OpenSPARC),
mais ce n’est pas pour autant un choix de licence qui va modifier tous
les autres projets Open Source de Sun. Ainsi Jini est sous licence
Apache et OpenSolaris est en CDDL. Un seul objectif: la bonne licence
pour la bonne
communauté.

Duke and friends...Pour être plus
précis sur ce qui est
annoncé aujourd’hui :

OpenJDK
est le nom du JDK mis en open source par Sun sur java.net et pour
lequel la partie HotSpot et javac sont disponibles dès
aujourd’hui (et compilables dans NetBeans). Le reste arrive dans les 6 mois, le temps de mettre en
place un nouveau gestionnaire de source (Mercurial).
Le tout fait 6 millions de ligne de code (autant que Solaris).
Mobile
and Embedded
est le nom du projet qui regroupe les
technologies CDC et CLDC de Java ME. La première est
disponible en GPL aujourd’hui, la seconde le sera dans quelque semaines.
GlassFish,
le serveur Java EE qui était déjà en
open source sous la licence CDDL (celle d’OpenSolaris et de NetBeans)
sera progressivement (début 2007) disponible également sous licence
GPL v2.

GlassFish est un bon exemple de collaboration
entre produits Java EE
pourtant théoriquement
concurrents: Oracle contribue la partie JPA (Java Persistence API) avec
TopLink, BEA et JBoss utilisent des briques de GlassFish (JSF et pile
Web Services), Jetty
utilise le framework Grizzly
de GlassFish, etc… Il n’y a
pas de raison que cela ne se produise pas de la même manière
pour le JDK
(open source ou non).


Pourquoi maintenant (et pas plus tôt)?

Sun prend très au sérieux sa
responsabilité de leader de
la communauté Java qui compte des millions de
développeurs
et des milliards d’utilisateurs. Une décision
irrévocable
comme celle qui vient d’être prise ne s’improvise pas et
ne peut être que le résultat d’un processus de
communication
et d’écoute de l’ensemble de la communauté Java.
L’expérience
acquise avec les projets OpenOffice, GlassFish, NetBeans
et OpenSolaris ainsi que l’affirmation par des communautés
clé de l’open source que seule une version compatible de
Java
n’avait de sens en open source ont amené Sun à
prendre cette
décision en 2006.

Quelques détails supplémentaires:
– A court terme, les utilisateurs ne sont pas impactés par
cette annonce puisque les licences existantes perdurent.
– Rien ne change pour le JCP (sauf pour le JSR 306 qui vise
à améliorer la collaboration avec des
communautés externes).
– Sun garde le branding Java (le trademark et le logo).
– Le TCK n’est pas mis en Open Source et seul un produit qui a
passé le TCK a droit de s’appeller Java. Les bourses
d’obtention de TCK continuent d’exister.
– Oh et j’oubliais, Richard Stallman est enchanté.

Tout le monde n’a pas eu le luxe de commencer en Open Source.
Tout le monde n’a pas l’élégance de corriger le tir.

Le Webcast devrait contenir encore quelques surprises…

Author: alexismp

Google Developer Relations in Paris.

2 thoughts on “Tout le monde n’a pas eu le luxe de commencer en Open Source”

  1. [Trackback] Ils sont fous ces Californiens. Passer Java en Open Source, certes. Mais choisir pour ce faire la licence GPL, c’est prendre un grand risque. Comme d’autres Californiens – hollywoodiens cette fois – nous le répètent à longueur de films, c’est

Comments are closed.