De retour de Solutions Linux…

J’ai passé un peu plus d’une journée sur le salon
Solutions Linux début février, mais
essentiellement sur
le stand de Sun/AMD. Les vidéos
proposées par developpez.tv
(de qualité
“podcast”, mais au contenu intéressant) sont
l’occasion de voir ce que j’ai raté.

La présentation pour IBM était assurée
par Marc Dupaquier, Vice Président
Marketing (interviewé
par Olivier Rafal
).

Open Source, source
d’investissement… pour le client

DB2 est mentionné comme gratuit. Il était temps
face
à l’open source ou aux éditions gratuites
d’Oracle (y compris dans une version
complète sur machine Sun
) et de
Microsoft… Il est question du fait que les projets
estampillés “Linux” aident
à récupérer du financement
auprès de
directions informatiques… Il est question d’Unix
quand on parle de migration depuis Unix vers Linux pour des histoires
de coût et de choix de plate-forme matérielle.
C’est une réalité chez les
clients et c’est tout le sens d’avoir un Solaris désormais
disponible sur processeurs SPARC mais aussi sur processeurs
x86
(Intel, AMD), y compris sur des machines
non-Sun
. Dommage de réduire Linux à une
plate-forme
“good enough” avec des coûts moindres plutôt que de
mettre
en avant ses éléments
différentiateurs.
Plutôt que de proposer AIX sur des plate-formes x86
(ou SPARC…), IBM
préfère aller sur Linux et déporter
sur ses
clients et partenaires (ou sur son entité IGS qui ne meur en
voudra pas)
la responsabilité de la migration et le
coût associé. La stratégie semble
d’ailleurs
systématique avec le serveur d’applications J2EE (Apache
Geronimo plutôt qu’une mise en open source de WebSphere), ou
la
JVM (Apache Harmony plutôt que la mise en open source de la
JVM
d’IBM). La brique “base de données” est la prochaine sur la
liste j’imagine (MySQL, Derby, … vs. DB2).

SOA, tennis, RCP,
indépendance Microsoft et bureautique

La mention faite de SOA est intéressante car les
deux points majeurs sont que SOA c’est l’occasion de
faire de
l’outsourcing et/ou de réécrire des
bouts de son
système d’information…. C’est
sûr, autant cumuler
les risques! La référence Roland-Garros est une
référence comme on en rêve
d’en avoir (fans de
tennis, belle vitrine, …), mais franchement, il n’y a pas de business
en jeu (si je n’ai pas le score sur le web, j’allume la radio ou la
télé) et je ne vois pas le
coté franchement
transactionnel du site…

Marc Dupaquier parle également du poste de travail sous
Linux en
expliquant qu’en interne chez IBM (350 000 postes), Windows sera une
exception dans 5 ans. Cela fait des
années

qu’il en est question. Le problème n’est pas seulement celui
de
la volonté, ni même du coût, mais aussi
et surtout
de la prise en compte des utilisateurs et de leur résistance
(naturelle) au changement. Chez sun, et depuis 4 ans,
Windows est
déjà une exception, remplacé par JDS
pour Solaris
et surtout une architecture de client
léger, la SunRay
(le rachat récent de Tarantella
rend d’ailleurs cette approche encore plus pertinente). Dans les deux
cas, faire
un remplacement “un pour un” sans rien apporter de nouveau à
l’utilisateur est une approche très difficile à
vendre et
à généraliser. Sun est une
société atypique
qui y est arrivé par ce que nous mettons toujours en oeuvre
nos
technologies et parce que, culturellement, Microsoft n’a jamais
vraiment percé chez Sun ;-)

RCP pour Rich Client Platform vole donc au secours de l’utilisateur
pour se positionner comme une étape dans
l’indépendance par rapport à Microsoft et une
avancée dans l’ “expérience
utilisateur”. Bien
entendu, en matière de RCP il y a d’autres choix
technologiques
,
mais je ne peux que valider la démarche globale. Par contre,
il faut comprendre que la concept de RCP est aujourd’hui aux
“bureau métier” ce que SOAP est à la SOA. une
brique
importante, mais tellement basique! La route vers le client
métier universel et intégré (“Managed
Rich User
Experience” dans le vocabulaire IBM) est encore longue, très
longue. En particulier, l’intersection d’un client riche “desktop” par
rapport à une approche de type portail (via navigateur)
reste
à clarifier.

Dans le discours IBM, il y a les besoins de “Basic Office”
qui
peuvent être servis par des postes Linux et le
“Advanced
Office” pour lequel Microsoft semble encore
justifié. Marc
Dupaquier explique que les “formats de documents c’est important”, mais
j’aimerai en savoir plus, notamment sur Open Document (oui,
IBM
support activement ODF) et sur la stratégie produit. A mon
sens
une participation au projet OpenOffice n’est qu’une
question de volonté pour IBM. Volonté
malheureusement inexistante
à ce jour.

Finalement concernant IBM, je trouve que l’on partage souvent les
analyses, mais que les solutions proposées sont bien
différentes.

Le poste de
travail alternatif

Sur les chances de percée d’un poste alternatif (Linux ou
autre), je vous invite à lire ce
blog d’Olivier Rafal
(et les échanges qui s’en
suivent).
Les problèmes de migration de Microsoft Office vers
OpenOffice
ou StarOffice sont désormais très
faibles (macros
qui risquent de toute façon de ne plus fonctionner avec la
prochaine version de MS Office tant elles ont été
développées au fil de l’eau et des
versions). Le
problème n’est pas technique, il est organisationnel.
Doit-on
nécessairement migrer le poste d’un dirigeant pour avoir le
droit de faire des économies dans d’autres services bien
choisis? Je partage l’analyse de Denis Szalkowski
sur la position dominante de Microsoft qui n’incite pas celui-ci
à servir les utilisateurs finaux, mais je ne partage pas le
parallèle entre informatique et énergie : “C’est
lorsque le coût de l’énergie augmentera que l’on
mettra en
oeuvre les solutions les plus innovantes et efficaces”
. Je
paye toujours mon essence plus de 1€ le litre…

Les progrès de Novell sur son offre Desktop
présentés pendant Solutions Linux sont bien
réels
(copies d’écran ici,
avec discussion en prime), mais ne changent pas grand chose
à
l’évolution du marché du poste de travail. Les
accomplissements des
ex de Ximian,
maintenant avec Mono sont de bonne qualité et les
résultats techniques permettent d’excellentes
démos, mais
je n’y crois toujours pas. Je pense que
seule une modification du paradigme dans la relation avec l’utilisateur
comme l’arrivée massive de services sur le web (et la
mobilité que cela laisse présager) peut changer
quelque
chose au monopole de
Microsoft. Au passage, Mono ne semble finalement
être qu’un
outil pour améliorer Novell Desktop (mais
pouvait-il en
être autrement avec la menace de Microsoft sur ce clone de
.Net?).

Dans ce contexte,
il est intéressant de citer le rachat récent de
Writely par
Google (une solution
de traitement de texte dans un navigateur, mais sans tableur
ou outil de présentation), mais aussi la version
online de Think
Free Office
,
gratuite, basée sur une applet Java (copie
d’écran ci-contre), et
extrêmement complète. Writely est compatible avec
le format
OpenDocument
,
Think Free ne l’est pas. Comme j’ai surtout des
présentations et plus de powerpoint depuis belle lurette, je
reste donc avec mon StarOffice 8…

Dans le cas de Writely ou de Think Free, comme dans celui de d’une
suite bureautique
installée sur le poste de travail sachant
réellement
bénéficier de la puissance du réseau
(stockage,
archivage, recherche, traitements, etc…), on a des chances
de voir ce marché
évolué rapidement. Les possibilités de
collaboration qu’il propose (sorte
de wiki pour le commun des mortels) semblent prendre une nouvelle
dimension.

Bull et bulle
Lors de Solutions Linux, il y avait également un présentation
par Bull
,
nouveau champion de l’Open Source. Jean-Pierre Barberis (DG Services) y
couvre beaucoup de sujets différents (et
relativement 
peu l’open source). Après avoir visionné la
présentation, voici pourquoi je pense que cette personne vit
dans une bulle…:

“64-bit = Puissant =
Itanium = Novascale”
.
Je passe sur la vulgarisation 64-bit = puissant, mais la
réalité sur “titanium” lancé il y a
plus de 6 ans
(!) est toute autre et ce podcast
ZDNet

(réalisé à l’occasion du
récent Developer
Forum Intel) l’explique très bien.
Coté 64-bit, on
ne peut pas ignorer AMD Opteron et UltraSPARC
T1
(cf. les résultats
de benchmark compilés par Arnaud
). Là
aussi le même podcast
fait une excellente synthèse de la situation.
– Sur la consommation électrique du nouveau calculateur Bull
du CEA (très beau projet au passage): “Plus c’est gros plus
ça devient un sèche cheveux.” –
la
réalité, c’est que la consommation est devenue un
critère majeur pour tous (Sun est un probablement le précurseur,
mais Intel emboîte la pas).
– L’exemple plus concret pour les entreprises choisi par M.
Barberis concerne le “Record TPC-H (DataWare)” – la
réalité

c’est que Bull est 3ème dans une seule des
catégories et
que Sun est le leader dans les deux les plus importantes…

Comme contribuable, les bonnes
nouvelles venant de Bull
sont appréciables. Comme concurrent (même si nous ne sommes pas \*que\* concurrents), je suis serein…
Que des bonnes nouvelles, donc.

Author: alexismp

Google Developer Relations in Paris.